Bon. De deux choses l’une ou on continue ou on arrête. Le gouvernement ayant fait la preuve d’une surdité obstinée qui confine d’un côté à la bêtise, de l’autre à l’autoritarisme, il faut que les syndicats annoncent ouvertement qu’ils ont décidé d’arrêter là le mouvement. Il faut surtout garder l’arc bandé et retenir la flèche jusqu’en 2012. Le mouvement social actuel ne doit pas s’effilocher. Il doit conserver sa force et lâcher sa puissance de feu le jour du vote. L’actuel président ayant piétiné sa promesse de candidat de ne pas toucher à l’âge de la retraite, il ne sera plus question pour quiconque de faire confiance au moindre de ses engagements.
A moins de 30% de soutien dans l’opinion publique et à la veille d’un remaniement qui tentera de sauver les meubles, il ne restera bientôt plus qu’une carte au nain de l’Elysée : le recours ultime. Un ou deux attentats bien placés, une réaction musclée (au moins dans les mots comme d’habitude) et le pépère regagne quelques points bien utiles les jours de scrutin présidentiel. Restons vigilants et conservons notre colère intacte, on va en avoir besoin d’ici mai 2012.
Après Guillon, Porte et Mezrahi, c’est au tour de Dahan de se voir signifier son congé de l’antenne de la principale radio du service public. Mezrahi mis à part (il ne provoquait même pas un sourire gêné), l’éviction des trois autres tient strictement au fait qu’ils ont rempli le rôle qui leur était dévolu, jouer la mouche du coche. Même si je n’ai pas changé d’avis sur Guillon, je suis de plus en plus affligé par le manque de couilles de Philippe Val qui nous avait habitués à mieux du temps, notamment, de son duo avec Patrick Font. Le trublion d’extrême-gauche se faisait croquer sur ses affichessodomisant le moine François Léotard alors ministre de la culture. 20 ans plus tard, il s’est mué en père la morale qui ne supporte pas que des vérités soient dites en présence de ministres , sans grossièreté ni insulte (contrairement aux textes de Guillon ou à l’affiche sus-décrite). Monsieur Val a fini par perdre tout crédit et terminera sans doute la queue basse en 2012 une carrière qui avait pourtant bien commencé. Vouloir à tout prix jouer dans la cour des grands pousse souvent à se retrouver dans le cortège des méprisables.
Il y a une vingtaine d’années, un journaliste de France Info tentait de nous faire partager sa passion pour la voile. Résultat, aujourd’hui toute la presse nous assomme de reportages sur la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro ou la traversée en pédalo du Lac d’Enghien .
L’ouverture du journal hier midi avec une dizaine de minutes consacrées à la Route du Rhum a ennuyé une majorité de téléspectateurs. Alors pour justifier que l’information soit remplacée par du marketing, on nous assure que « ça fait rêver »…
Mais avouez-le : Groupama ou Fleury-Michon, ça fait moins rêver que Pen Duick .
Pour justifier de l’omniprésence des informations infantiles concernant le football on nous assure que, par exemple, 6 millions de personnes ont regardé tel ou tel match. Retournez l’explication : 54 millions de Français ont ce soir là jugé bon de faire autre chose… Alors lâchez-nous avec ces conneries débilitantes.
Mort il y a quelques jours à 90 ans, Bernard de Nonancourt avait été le patron du champagne Laurent Perrier pendant plus de cinquante années. Il faut se méfier des apparences. Malgré la particule et le domaine d’activité, cet homme n’était pas une inutilité de plus dans un monde imbu de son pouvoir financier. Résistant aux côtés de l’abbé Pierre, il avait également servi dans la deuxième DB, la célèbre division Leclerc. Avant de diriger la maison de champagne d’Epernay, il en avait appris tous les métiers, ouvrier dans les vignes, ouvrier caviste, employé administratif ou encore attaché commercial.
J’ajoute que mon père a travaillé plusieurs années sous sa direction et qu’il a toujours fait la preuve d’un strict respect de ses subordonnés. Bernard de Nonancourt leur a laissé le souvenir d’un patron respectueux, donc respectable. J’avais juste envie de le dire ici.