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Politique,humour,portraits,sarkozy,aubry,royal,caustique,guillon,peronnalité,UMP,PS tout y passe ou y passera.

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Guerlain, Noirs, Noires, Noir, noire, métis, racisme, raciste, France 2

A la suite de l'incident "Guerlain" sur France 2 , j'ai eu un échange argumenté avec une amie africaine d'origine et qui mène, à Paris et avec son fils métis, une vie tout à fait européenne. J'avais osé réactualiser l'expression des socialistes qui, dans le passé, traitaient les radicaux de "radis", les accusant d'être rouges à l'extérieur et blancs à l'intérieur. J'avais eu la maladresse de trouver un parallèle avec le Bounty, ignorant que cette expression était usitée et provoquait des réactions épidermiques chez les Noirs. Voici la copie quasi exhaustive notre échange.

 

Moi :

ah oui... pourtant c'est juste comme pour les radicaux d'autrefois : pour les communistes, ils étaient rouges à l'extérieur et blancs à l'intérieur. Tu sais bien que de ma part, il ne peut rien y avoir de méprisant...

Elle :

Oui mais c'est politique, ça n'atteint pas les personnes. La "race", ce sont les gens. Dire à un Noir qu'il est un Bounty ou un Oncle Tom, c'est l'accuser de ne pas s'accepter comme Noir alors que nous sommes fiers de ce nous sommes.

Moi :

Alors tu m'expliqueras en quoi on doit être fier de ce que l'on est ?

C'est la réflexion que je me faisais devant la gay pride... Quelle fierté y aurait il à être homosexuel... Suis-je fier de mon hétérosexualité ? Non. Je suis comme ça parce que le hasard, les gènes, l'héritage familial font que l'individu que je suis au bout de la chaîne est comme ça. Quelle fierté y a t-il à tirer de tout cela. Je ne comprends pas.
Ce que je comprends, c'est qu'on soit fier de ce que l'on est DEVENU, de la part de soi qui dépend de ses actions, de ses choix, de ses propres options, décisions, manifestations de courage ou de travail...
Moi, je suis caucasien... bon et alors ?

Elle :

Quand tu liras certains anthropologues, certains ségrégationnistes, certains colonialistes, certains esclavagistes, tu comprendras que certains Noirs ont eu une image très négative d'eux mêmes. Au point de ne pas s'aimer. Ca a fait des ravages sur l'identité et sur l'estime de soi de certains. Etre fier de sa couleur, c'est que même si on n'est pas Blanc, même si on n'a pas les cheveux lisses, qu'on n'a pas les yeux clairs et qu'on n'a pas inventé la télévision/téléphone/machine à laver et consorts Ca ne nous empêche pas d'être beaux à notre manière, d'être intelligents à notre manière. Je suis fière de transmettre une culture à mon fils qu'on a jugé longtemps primitive.
Toi, tu es caucasien... bon et alors? Vous ne pouvez pas comprendre, vous êtes la race dominante. Vous n'avez pas à vous accepter. Un hétérosexuel n'a pas besoin de se faire accepter alors qu'un homosexuel, souvent sa vie est un combat.

Moi :

Oui, mais la fierté vient du combat, pas de la condition initiale... être fier du combat, certes, mais pourquoi être fier de paramètres dont on n'est pas responsable. Le mec qui vient de traverser la manche sans bras ni jambes n'a aucune fierté à tirer de son handicap, en revanche il en a à tirer de son exploit.
Dans un jeu, comme le poker, on n'est pas responsable du hasard qui nous offre la main dont on dispose. C'est ensuite ce que notre intelligence et notre sens du jeu nous permettent de réaliser à partir de cette main qui peuvent susciter une fierté légitime, pas le hasard de la distribution.
Et puis, même caucasien, je n'ai pas inventé la télévision/téléphone/machine à laver. Le collectif dont je me prévaux est le collectif humain, pas de telle ou telle ethnie ou groupe d'ethnies. Et pour ma part, je trouve que le jazz est une invention aussi importante que la télévision. Et je m'y sens autant associé qu'au téléphone, à la télévision ou à la machine à laver (qui, soit dit en passant et sans grand rapport, a autant contribué à l'émancipation féminine que la pilule). Quand au fait que les cheveux soient lisses ou pas, c'est comme quand quelqu'un me demande si je préfère une femme à la forte poitrine ou pas, je réponds que l'important est l'harmonie que dégage une personne... et pas l'importance des éléments qui la composent...
Pour résumer, je ne suis pas fier ni honteux de ce que je suis. Je suis ça et voilà. Pour le reste, je continuerai à espérer appartenir à la même espèce que toi, que la mère de mes enfants ou que l'Indien du Macchu Pichu. Je condamne les horreurs infligés à mes semblables, de quelque ethnie qu'ils soient et par quelque ethnie qu'aient pu être commises les exactions.

Elle :

Quand je dis "vous", je ne t'inclue pas particulièrement mais c'est surtout pour que tu comprennes d'où vient le problème.

Je fais aussi partie de la même espèce que toi. Mais tu vois, ce n'est pas l'avis de beaucoup quand je vois qu'on cherche à classer mon fils. Pourtant, nos enfants sont bien la preuve que nous ne sommes pas comme des chiens et des chats.

 

Voilà. Je ne suis pas sûr d'avoir toujours raison. On en est là de nos échanges sur ce sujet très épineux. Je terminerai en rappelant cette phrase qui m'était venue lorsqu'avec Suh Lian, mon épouse chinoise, nous avons donné naissance à nos filles : "A chaque fois que je fais un enfant à ma femme, j'en fais un dans le dos à Le Pen !".


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J
Merci, Fred de nous trouver le terrain commun... je le pressentais mais tu l'as vraiment bien exprimé...La bise qui pique...F
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F
C'est une juste discussion sur deux points de vue totalement différents. Bien sûr, nous caucasiens, n'avons rien a prouver de ce que nous sommes. Nous sommes. Depuis la nuit des temps de l'humanité, nous sommes, simplement. Nous nous définissons comme la racine de l'arbre qui permet l'humanité, non pas parce que nous sommes réellement cette racine mais parce que, orgueilleusement, nous pensons que personne d'autre ne peut être cette racine. Et c'est bien, je pense, une des différences de point de vue. Car nous avons toujours fait croire au Noir Africain qu'il n'était là que pour arroser cette racine. Qu'il n'est ni arbre, ni feuille, ni branche, ni bouton mais participe au monde car il permet, par son labeur, de faire pousser la plante. Or depuis peu, au rapport à l'histoire de l'humanité, le Noir Africain se dit qu'il pourrait être sur l'arbre (sans mauvais jeu de mot, hein !), dans cette racine, à s'épanouir, à pousser comme les autres.Alors, d'esclave il passe homme.Parce qu'il se bat. Parce qu'il se dresse. Et une fierté, combative, mordante, lui sert de sève. Celui qui sait, que son histoire est marquée par l'oppression, est fier de montrer qu'aujourd'hui il s'est battu, qu'aujourd'hui, il est libre, qu'aujourd'hui il est l'égal.Il est fier d'être noir. Car il est noir. Et que sa couleur de peau montre son ascension au regard du blanc caucasien fier de rien.Battez-vous ! Battons-nous ! Devenons fiers, ensemble d'être humains. Frédéric Staniland
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P
Ta copine noire a raison.Toi et moi n'avons pas "besoin" d'être fier de ce que nous sommmes pour nous respecter nous-mêmes. Les minorités - moirs, arabes, homos, handicapés - si, et d'autant plus qu'ils sont considérés non seulement comme "différents" mais aussi (au moins par une proportion non négligeable de la population - ref l'affaire Guerlain) comme "inférieurs".
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C
Je comprends et j'adhère à ton analyse existentialiste des hommes, mais je crois plus que le besoin de cette fierté proclamée est didactique, pour enseigner aux autres, noirs ou gays, qu'ils n'ont pas à faire profil bas ou à se cacher. Bien sûr, c'est affreux d'avoir à en arriver là, mais tous ces opprimés devraient moins regarder le passé et ouvrir les yeux, pour voir que le monde a changé et qu'ils ne sont plus considérés avec mépris et rejet par la société qui les entoure. Même s'il reste toujours des cons racistes, xénophobes ou homophobes, on va dans la bonne direction. Et dans l'avenir, il n'y aura plus de blanc, noir ou jaune, mais des humains dorés car on se sera tous allégrement mélangés.
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V
je pense que tu ne fais pas partie d'une minorité (noir, juif, homo..) tu ne peux donc comprendre dans ta chair ta sensibilité ce qu'est la différence. Cette différence à l'age adulte on peut l'aprivoiser voie la maitiser mais dans l'enfance très souvent elle a été source de souffrance plus prononcée qu'une torgniole à la récrée..ton amie meme si elle mene une vie europeene elle porte en elle les balaffres de la différence secretee par le simple fait d'appartenir à une minorité on le ressent bien dans l'échangevoila sinon continue d'enculer Lepen!!
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