Plouf, mon gros navion !
Plus personne n'en parle, plus personne n'y pense. Pourtant, il y a quelques semaines notre lider minimo (merci encore Didier Porte) revenait du Brésil en clamant qu'il avait enfin réussi à fourguer le Rafale , ce fleuron de l'industrie aéronautique française dont personne ne veut, à part l'armée française... bien obligée.
Il était fier, le mari de la chanteuse, il avait bluffé le président de la bossa nova. Seulement Lula ne s'est pas laissé faire. Pour se débarrasser vite fait de son visiteur, il avait dit qu' "il ferait l'emplette de nos zingues, que si c'est pas sûr c'est quand même peut-être, merci pour la visite et bonjour à Madame que vous devez être bien fier tellement elle est jolie !"
Pensant sans doute lui forcer la signature, Sarko a illico annoncé que c'était fait, que lui, Nicolas, avait réussi là où tous les autres avaient échoué, qu'il est encore une fois le plus fort, le plus beau, celui à qui aucun président, même de gauche, ne résiste.
Mais le père Lula , il se moque bien des mouvements d'épaules de Sarko. Il sait bien que le président français par défaut a la classe d'Aldo Maccione sur la plage de l'"aventure c'est l'aventure"... et qu'il peut lui fermer la porte au nez. C'est ce qu'il a fait, en lançant un nouvel appel d'offres pour son armée de l'air. L'autre est resté sur le palier, ses Rafale sur les bras, comme un témoin de Jéhovah refoulé avec ses brochures apocalyptiques.
On en parle peu, parce que notre ludion national continue de se balader partout, de raconter n'importe quoi sur tout, de se regarder dans les miroirs, de piquer des colères qui inquièteraient bien des médecins de famille... Il se démène, roule les mécaniques "et que c'est moi le président et que si ça t'emmerde, casse toi pov'con"... Il est partout, donne son avis sur tout, ose tout , c'est même à ça qu'on le reconnait aurait ajouté Michel Audiard.
Mais quand même, avec cette histoire de Rafale, il commence à passer pour un m'as-tu-vu que personne ne respecte. Et voilà que quelques semaines à peine après la baffe brésilienne, deux Rafale font le grand plongeon dans la mer Mé ! De là à redonner toutes leurs chances au F/A-18 Super Hornet de Boeing et au Gripen NG du suédois Saab, il n'y a pas loin. D'autant que l'armée brésilienne vient de demander qu'on lui communique les résultats de l'enquête sur l'accident. On sent poindre la vieille excuse pour ne pas acheter nos coucous.
C'est pas de chance pour notre cher Kim Il Sarko !
A propos de chance, je me rappelle un de mes premiers rédacteurs en chef,. II me disait "le manque de chance est une faute professionnelle".
Et président, au fait, c'est un métier ?