Dialogue démocratique... où çà ?
J'ai l'impression que j'avais raison quand je ne me trompais pas l'autre jour.
Vous vous souvenez peut-être de ce billet dans lequel je remarquais que la droite remplaçait le dialogue démocratique par une série de polémiques intestines intra-ump.(malodorant, tout ça!) . Voila que ça recommence aujourd'hui, cette fois à propos du sordide faits-divers qui a coûté la vie à Marie-Christine Hodeau, enlevée et tuée en forêt de Fontainebleau alors qu'elle faisait son jogging*.
L'assassin étant un récidiviste de l'agression sexuelle, remis en liberté il y a deux ans grâce au jeu normal des remises de peine, le plus infâme populiste aboyant de la majorité, (je sens que vous avez tout de suite identifié Fredéric Lefèbvre), s'est mis à hurler à la mort depuis son chenil médiatique. Comme on ne peut plus décemment réclamer la guillotine, il réclame ce qui à ses yeux s'y apparente le plus dans le cas qui nous occupe : la castration chimique. Cet ignorant professionnel, je n'ose croire qu'il serait de mauvaise foi, ne sait-il pas que cette mesure ne fonctionne que sur les personnes ayant donné leur accord ? C'est tout juste si on ne réclame pas de couper les couilles des délinquants sexuels et de les leur faire manger dans un cul-de-basse-fosse. Les défenseurs ump de la modernité ont parfois de forts relents de Moyen-Age. De toute façon peu importe, toutes ces gesticulations ne servent qu'à flatter une opinion qu'il pressent apeurée, du style "et dire que nous aussi, Germaine, on fait du jogging, tu te rends compte, ça aurait pu être moi..." Il est vrai que les élections régionales ne sont plus si lointaines et qu'il est temps de sortir les hyènes jouant les chiens de garde...
Et puis, et c'est là le propos de ce billet perclus de digressions, le cloaque réac s'en prend d'un côté aux juges d'application des peines, au système judiciaire, et regrette de l'autre le manque de suivi en feignant d'oublier que le gouvernement coupe partout les vivres à la prévention. Et Alliot-Marie, garde des Sceaux de récuser des accusations de Hortefeux qui est lui aussi monté au créneau. Alors les petits Français, devant leur télé, se disent "il a bien raison ce Monsieur Hortefeux, il n'a pas tort ce Frédéric Lefèbvre, Alliot-Marie n'a pas complètement raison mais quand même..." bref, on peut désormais être réac, progressiste, humaniste, autoritaire ou laxiste sans quitter la droite. Douce béatitude de l'électeur sachant voter !
On s'apostrophe, on se conteste, on se lance des arguments, on se répond... tout cela entre soi, entre gens de droite qui veulent donner l'impression qu'il n'y a pas besoin d'une opposition pour faire avancer le débat démocratique.
Et je refuse de croire que tout cela n'est que circonstanciel. C'est le Deus-ex-Carlita qui, depuis l'Elysée, dirige ces fausses empoignades. Comme pour dire que la diversité des opinions n'a pas disparu. En France,on peut s'opposer à Alliot-Marie, à Hortefeux, à Lefèbvre ou à Fillon peu importe... chacun a le droit à la parole tant qu'il est de droite et ne conteste pas Badinguet !
Et pendant ce temps là, le PS prend son élan pour être bien sûr de se rétamer aux prochains scrutins... Quand la gauche aura perdu les Conseils régionaux, elle se chamaillera pour savoir à qui en imputer la responsabilité avant de se préparer à mieux perdre la présidentielle. Il aurait tort de se priver, le guignol !
*Elle restera d'ailleurs dans la mémoire collective et grâce à la presse comme "la joggeuse", appellation bêtement réductrice. Marie-Christine Hodeau n'était pas une '"joggeuse", mais une femme de 42 ans, assistante maternelle qui vivait avec sa mère et avait deux frères. Il y a une vie à côté des Adidas!
Elle aurait été tuée alors qu'elle regardait la télévision, on n'aurait pas parlé constamment de "la téléspectatrice"!
Chasseurs de prime
Incorrigible cette droite, obtuse et indécrottable ! Voilà que les zozos au pouvoir ont eu l'"idée" du siècle pour lutter contre l'absentéîsme au lycée.
Jusque là, on se disait qu'il fallait punir ceux qui ne comprenaient pas pourquoi l'école obligatoire jusqu'à 16 ans (pour combien de temps encore ?) représente la chance de chacun. Alors on trouvait des sanctions pour les absents chroniques, on est même allé jusqu'à imaginer suspendre les allocations familiales.
Cette fois, et grâce à nos alchimistes umpistes de l'Essonne, on inverse la logique. On ne va plus punir les absents notoires, (qu'ils aillent rejoindre le Lumpenproletariat puisqu'ils ne comprennent pas, à 14 ou 15 ans, pourquoi on les éduque aux frais de la communauté), on va au contraire récompenser les lycéens qui viennent bien tous les jours. Avantage à ceux qui, de toute façon, sont déjà dans le moule et s'en tireront plus ou moins bien mais s'en tireront. La solution de ces grands penseurs contemporains se résume comme d'habitude à la même chose : une somme d'argent , cette fois attribuée aux classes sans absentéisme.
Appliquée à la médecine, (et n'est-ce pas le chemin que prend notre système de santé?) cette méthode est simple à comprendre, on ne soigne plus les malades, même avec des médicaments qui ont mauvais goût, on les laisse crever, et on bourre les bien-portants de vitamines et de dopants.
Cette droite antisociale, qui enterre chaque jour de Gaulle un peu plus profond, n'a qu'une valeur , étalon sacré et aveuglant : l'argent.
L'éducation bling-bling est en marche, Jules Ferry, qui n'avait pas que des bons côtés, n'est plus qu'une icône dépassée et dérisoire. On ne va pas tarder à voir fleurir des collèges "Jérôme-Kerviel", des lycées "Bernard-Madoff" et des écoles "Patrick-Balkany".
Pour la gauche aussi l'argent est une valeur, mais ce n'est pas la seule.
C'est bien la preuve !
J'ai feuilleté toute la presse de janvier-février 1955 et figurez-vous que je n'ai trouvé aucune trace d'un article sur la naissance de Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa. C'est pourtant le président de la République!
Imaginez les unes des magazines et des journaux si le petit Nicolas venait au monde aujourd'hui !
J'en conclus sans aucun parti pris, bien sûr, qu'on a bien ici la preuve que la presse était plus libre à l'époque !