L'un des plus grands symboles vivants de l'esprit humaniste et démocratique de notre pays en ce début de siècle, j'ai nommé Brice Hortefeux, a convié tous ses confrères préoccupés de justice sociale en matière d'immigration à discuter de la manière avec laquelle nos pays évolués traitent les étrangers présents sur leur sol.
Belle initiative qui démontre la grandeur d'esprit de ce ministre si préoccupé du bien-être des Africains, diplômés bien sûr, venus en France non plus pour ramasser les poubelles, mais pour apporter leur matière grise. Les autres, ils peuvent rester chez eux crever de faim ou du sida (on leur laisse encore le choix! De quoi se plaignent-ils?) en attendant que la prochaine guerre de 14 permette à 35 000 d'entre eux de venir dans la gadoue lorraine mourir pour la Patrie. La nôtre. Côté poubelles, il va falloir trouver des Martiens ou des Vénusiens pour remplacer les Sénégalais sans diplômes.
Mais quelle idée a-t-il eu notre " ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire" d'organiser ce pince-fesses international à Vichy ?
Loin de moi l'idée de dénier à cette sympathique station thermale célèbre pour ses pastilles, ses carottes et son tissu à carreau le droit, comme n'importe quelle autre cité française, d'accueillir des mondanités inutiles. Simplement, pourquoi n'avoir pas choisi d'y parler justice, ou développement, ou écologie, ou n'importe quoi d'autre que la manière de traiter certains groupes humains dans nos pays développés?
ll ne faut certes pas confondre vichiste et vichissois, mais décider du sort de millions d'êtres humains dans la ville où furent prises les mesures antijuives à partir de 1940 manque particulièrement d'à-propos. Je n'ose pas imaginer que le ministre en question n'y ait pas songé lorsque la décision a été prise d'organiser cette réunion. Ou bien y a-t-il vu une petite provocation ? Un clin d'oeil à l'histoire!
Je sais, j'entends déjà les lourdingues de droite me sortir Mitterrand et Bousquet. C'est vrai, cela me gêne encore et me gènera toujours. Je l'ai même dit à Mitterrand. Mais il était mort et du froid de son tombeau aucune réponse ne m'est parvenue. Je suis reparti de Jarnac avec mes interrogations.
N'empêche que Vichy n'était pas bien choisie.