Les plaques minéralogiques, symptômes
du nationalisme de comptoir...
Pour des raisons d'uniformisation européenne et de saturation de l'actuel système français, l'Etat a choisi de changer les codes d'immatriculation des automobiles, motos et camions. On est en France, alors tout de suite les râleurs de bistrot trouvent à redire à cette décision strictement administrative.
"Moi, Monsieur, je suis fier de mon 63 ! Moi, je suis très attaché à mon 92... Mais qui va savoir que je suis du Nord si je perds mon 59 ?"
Tout le monde trouve aujourd'hui sa raison de réclamer le maintien des deux chiffres finaux de nos plaques actuelles.
Les Parisiens pour montrer au monde entier qu'ils appartiennent à l'élite nationale, les 83 "tous les droits", les 13 "Putaing, la plus belle ville du monde!"...
Bien minable tout cela, alors que l'Europe de la paix se construit avec difficulté. Il suffit de toucher à ce tout petit symbole de l'appartenance à une entité bientôt en désuétude, le département, pour que se réveillent les plus mesquins réflexes du moins justifié des communautarismes.
Le département a été dessiné en France à une époque où la mesure était la journée de voyage à cheval. A cette aune, personne ne devait se trouver à plus de 24 heures de son chef-lieu. Et voilà pourquoi on se retrouve aujourd'hui avec un 27, un 34 ou un 79 au cul de sa bagnole, et voilà pourquoi un habitant de Gérardmer est un "88" et un autre, de Saint-Ouen se sent "93", et même "9-3"...
Choisis ton ghetto camarade et construis toi-même les barrières mentales qui limiteront ton horizon.
Moi, j'ai un 69, derrière ma voiture. Et c'est vrai, j'y tiens. Mais on est bien le seul département à avoir de vraies raisons de vouloir conserver une immatriculation aussi sympathique. J'en connais qui me comprennent !